Streetwear : qui le consomme en France ?

29 janvier 2026

Groupe de jeunes dans le métro parisien en streetwear

43 % des 18-34 ans en France ont déjà glissé au moins une pièce streetwear dans leur dressing cette année. Ce chiffre, issu d’une étude Kantar, ne laisse aucune place au doute : le streetwear s’est imposé comme une évidence pour une large partie de la jeunesse. Portées par l’audace et la créativité, les marques indépendantes enregistrent une progression de 17 % par an, distançant sans mal les géants traditionnels du secteur.

Impossible aujourd’hui d’ignorer la vitalité du streetwear. Les collections capsules responsables voisinent avec des collaborations inattendues : les codes changent, le marketing se métamorphose, les habitudes d’achat évoluent franchement. Exigence de transparence, quête de sens, demandes de responsabilité… Le public force les marques à secouer leurs schémas, à revoir la distribution et à donner plus de valeur à chaque choix.

Le streetwear en France : une culture en pleine mutation

Réduire le streetwear à un simple look serait une erreur grossière. Le mouvement s’inscrit au cœur de la création contemporaine et dicte ses lois bien au-delà du bitume. Art, musique, graphisme, architecture, débats politiques… Le streetwear a envahi tous les espaces d’expression, y compris chez les pionniers français. Citons 12LUNES, Marchill ou Homecore, qui font le pari de la proximité, de la production locale, du respect des ressources et de la durabilité.

Malgré la puissance du e-commerce, les boutiques indépendantes n’ont pas dit leur dernier mot. Elles parient sur des pièces premium, des démarches écoconçues, du made in France et parfois des services sur-mesure. Ce positionnement paie : l’industrie mondiale du streetwear a pesé 206,69 milliards de dollars en 2023 et ne montre aucun signe de faiblesse. Les jeunes générations raffolent de sens et d’engagement. Elles font bouger l’ensemble du secteur, forçant chacun à clarifier ses valeurs.

En France, le streetwear ne copie plus simplement ce qui vient d’ailleurs : il s’affirme à travers des capsules originales, des collaborations inattendues, la diversité des styles et des influences. Grâce aux réseaux sociaux et au commerce en ligne, la propagation du mouvement s’accélère. Les marques s’entourent d’ambassadeurs, créent leurs communautés, misent sur les séries limitées et nouent le lien entre luxe et cultures populaires, tout en affirmant de nouvelles responsabilités sociales et environnementales.

Qui sont les adeptes du streetwear aujourd’hui ?

Coller une seule étiquette sur le public du streetwear ? Impossible. Certes, la génération Z fait parler d’elle en revendiquant sa singularité, mais les milléniaux incarnent aussi cette vague. Ils composent un vestiaire hybride, entre sweat à capuche, sneakers iconiques, vestes oversize ou accessoires griffés, en privilégiant des pièces durables et pensées pour l’adaptabilité.

Confort et authenticité guident tous ces choix. Chacun construit son style, loin des normes traditionnelles. Des artistes comme Tyler The Creator, Central Cee ou Shay propagent l’état d’esprit streetwear, collaborent avec les labels ou soufflent de nouvelles tendances sur les réseaux. Même chez les pros des industries créatives, afficher un look streetwear devient le prolongement assumé de leur personnalité.

Voici les valeurs qui pèsent aujourd’hui sur l’engouement pour le streetwear :

  • Inclusivité : chacun peut s’y retrouver, quel que soit son genre, son âge ou son identité.
  • Durabilité : la traçabilité et les principes responsables sont décisifs.
  • Créativité : la rareté, l’originalité et la personnalisation sont devenues des moteurs puissants.

L’environnement urbain façonne la demande : polyvalence, praticité, vêtements pensés pour accompagner une vie à cent à l’heure. Les réseaux sociaux amplifient cette dynamique, propulsant le streetwear bien au-delà d’une mode temporaire.

Marché, chiffres clés et dynamiques actuelles

Le marché mondial du streetwear traverse une phase d’expansion sans équivalent. Fort de ses 206,69 milliards de dollars en 2023, il est promis à une croissance annuelle de 4,3 % jusqu’en 2032. Les projections frôlent les 302 milliards à cette échéance. Les jeunes générations, friandes d’audace et d’innovation, en sont les principaux moteurs.

La France accélère la cadence. Des marques telles que 12LUNES, Marchill ou Homecore s’imposent là où seuls les géants internationaux régnaient jadis. Aujourd’hui, le e-commerce s’est imposé comme épine dorsale du secteur : près d’un tiers des ventes mondiales de streetwear se fait en ligne. Les réseaux sociaux créent l’effet boule de neige, permettant aux tendances de circuler vite et assurant l’émergence de nouvelles voix.

Dans ce contexte, les collaborations entre maisons de luxe et créateurs streetwear redéfinissent les frontières. Les nouvelles tendances s’enchaînent : esprit années 2000, volume oversize, techwear, montée en puissance de la circularité et percée de la seconde main. Les boutiques indépendantes tirent leur épingle du jeu grâce à une offre locale, personnalisable et engagée. L’innovation technologique, comme l’impression 3D, trouve sa place dans cet écosystème qui fait aussi la part belle à la revente, désormais ancrée dans les habitudes des adeptes.

Jeune femme dans une boutique streetwear à Lyon

Design, innovation et éco-responsabilité : les nouveaux enjeux du streetwear

Face à la saturation de la fast fashion, le streetwear français bifurque franchement. Cap vers la slow fashion, le design local et les histoires singulières. Par exemple, 12LUNES mise sur la précommande, des séries limitées et une production qui vise le zéro gaspillage. Le savoir-faire est remis à l’honneur, la responsabilité devient visible. Chez Marchill, même volonté d’afficher la provenance française : coupes unisexes, tissus locaux, process transparents… L’inclusivité ne se limite plus à l’image, elle structure le modèle économique.

Les tendances coexistent sans complexe. Techwear, matières high-tech, pièces fonctionnelles et influences utilitaires séduisent un public exigeant. À côté, l’esthétique Y2K, les coupes oversize ou encore la vague GorpCore font place à mille façons de s’exprimer. VO7 Paris s’appuie sur la production hexagonale pour ses sneakers, quand Homecore puise dans l’univers du skate et des arts urbains pour renouveler la silhouette citadine.

Le secteur s’ouvre clairement à la circularité. Pyloops à Parthenay ou Hologram multiplient les collections responsables et limitées. Beaucoup de labels baissent volontairement la cadence, misent sur la qualité et privilégient l’inclusivité jusque dans la structure de leurs équipes et l’élaboration des collections. Le streetwear en France dépasse aujourd’hui la simple aspiration à suivre la tendance : il s’autorise à tracer sa propre voie.

Le streetwear avance, combinant style affirmé, engagement concret et innovation. Il ouvre une nouvelle voie, refusant le mimétisme. Reste à savoir quelles traces ce courant laissera, mais une chose est certaine, la jeunesse urbaine n’a plus besoin de permission pour occuper le devant de la scène.

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